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Evo Morales « se confie aux Mexicains »…

23 février 2010

 

Le Président de Bolivie, Evo Morales, recevant le bâton de commandement des mains des leaders indiens mexicains. Foto: Gabriel Cosío

Pour la première fois depuis qu’il a été élu Président de Bolivie en 2006, Evo Morales s’est rendu en visite officielle au Mexique pour assister au Sommet de l’Unité de l’Amérique Latine et des Caraïbes, qui a lieu à Cancún du 22 au 23 février 2010.  Mais avant de rejoindre les représentants des 31 autres pays d’Amérique Latine et des Caraïbes à Cancún, Evo Morales a profité de son passage à Mexico pour se réunir avec différentes organisations indiennes et sociales mexicaines.

Un discours politique peu ordinaire

La rencontre a eu lieu dimanche 21 février, sur la grande place de Coyoacán.  Evo Morales a commencé son intervention peu avant 18 heures, après avoir reçu des mains des leaders indiens mexicains un bâton de commandement de plumes d’aigle, suprême symbole de pouvoir dans la tradition indienne. Devant la foule compacte et impatiente réunie sur la Place Hidalgo, Evo Morales s’est d’abord excusé de ne pas avoir accepté antérieurement les invitations que lui ont faites parvenir les organisations civiles mexicaines, argumentant « qu’il a été très occupé à défendre sa Présidence »; puis il est brièvement revenu sur les différentes stratégies qui lui ont permis d’accéder au pouvoir, depuis 1991.

De façon générale,  l’intervention d’Evo Morales s’est surtout distinguée pour être différente des discours normalement prononcés par les chefs d’Etat en visite dans un pays étranger. En marge de la langue de bois à laquelle nous ont habitués les hommes politiques, Evo Morales a exprimé « son affection » pour les révolutionnaires mexicains. Il a également déclaré que « le développement social, la démocratie, la dignité, la souveraineté, ne sont possibles qu’en marge de l’impérialisme nord-américain et du capitalisme », et que «  si le Mexique veut marquer l’histoire »,  « s’il l’on pense à ce dont a besoin l’Amérique Latine », « il faut construire une Organisation des Etats Américains (OEA) sans les Etats-Unis », en référence au Sommet qui a lieu à Cancún du 22 au 23 février, où les chefs d’Etat d’Amérique Latine ont pour principal agenda de se mettre d’accord sur la création d’une nouvelle organisation régionale.

 

L'intervention d'Evo Morales a été précédée par un spectacle de danse traditionnel de Bolivie.

« Va-t’en Calderón »

En filigrane du discours d’Evo Morales, on devine évidemment une critique à la politique impulsée par le gouvernement de Felipe Calderón, qui a opté pour se rapprocher des Etats-Unis plutôt que des pays du Cône Sud, et a choisi d’appliquer les recommandations politiques et économiques du Fond Monétaire International (FMI) et de la Banque Mondiale. Bien qu’Evo Morales n’ait jamais  fait explicitement référence au Président Calderón lors de son intervention, il a longuement insisté sur le fait qu’« un gouvernement doit se subordonner à ses citoyens » et « écouter leurs propositions  puisque les forces sociales connaissent leurs besoins ». En terminant son allocution par un message d’encouragement à l’intention de la société civile mexicaine -« Gardez courage ; bientôt le Mexique sera libéré !»-, il a laissé ainsi entendre qu’il existait une scission entre la société civile mexicaine et la ligne politique et économique impulsée par Calderón, une position que n’a pas réfutée la foule réunie sur la Place Hidalgo. Bien au contraire : donnant toute la raison à Evo Morales, la foule s’est mise à scander à plusieurs reprises lors de la rencontre, « Va-t’en Calderón ! », « Va-t’en Calderón ! »,…. (Fuera Calderón !)

Les succès du gouvernement d’Evo Morales

A l’encontre de la politique néolibérale impulsée par Calderón au Mexique, Evo Morales a réaffirmé les choix politiques et économiques qu’a faits son gouvernement depuis 2006, indiquant que « le capitalisme n’est pas une solution en Amérique Latine ». A titre d’exemple, il a cité quelques-uns des succès remportés par son gouvernement: l’excédent fiscal obtenu grâce à la nationalisation des hydrocarbures; les investissements publics, qui sont désormais majoritairement financés par les ressources fiscales de l’Etat et non plus au travers de prêts internationaux;  la récupération des bases militaires nord-américaines situées en territoire bolivien…Insistant sur l’urgence de sauver la planète, Evo Morales a également mentionné l’engagement qu’a assumé son gouvernement en matière environnementale, et a rappelé qu’il a convoqué à une Conférence Mondiale sur le Changement Climatique et les Droits de la Planète Terre, en avril prochain, à Cochabamba. 

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