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Comment le Président du Mexique, Felipe Calderón, se prend pour Robin Hood et prétend voler les riches pour donner aux pauvres….

25 septembre 2009

 

Le Président Calderón se prend pour Robin Hood et prétend à partir de 2010 voler les riches pour donner aux pauvres...

Le Président Calderón se prend pour Robin Hood et prétend à partir de 2010 voler les riches pour donner aux pauvres...

Le Président Felipe Calderón a présenté il y a quelques semaines sa proposition de budget pour l’année 2010. Pour entrer en vigueur, cette proposition devra recevoir d’ici le 15 novembre prochain le vote favorable de la Chambre des Députés et du Sénat,  une procédure qui s’annonce dores et déjà difficile pour le Président Felipe Calderón puisque plusieurs députés des partis politiques d’opposition (PRI et PRD) ont déjà manifesté leur rejet au plan financier proposé par l’exécutif.

Il faut dire que même si personne n’ignore qu’au milieu de la crise économique que traverse le Mexique, les revenus de l’Etat, issus de la vente du pétrole et de la collecte des impôts, ont fortement diminué, la solution budgétaire proposée par Calderón est loin de faire l’unanimité.

En réalité, seul le premier volet du paquet financier 2010 –réduire de façon drastique les dépenses de l’Etat pour affronter le trou budgétaire – fait plus ou moins consensus au Mexique. Ces derniers mois, plusieurs reportages journalistiques ont mis en évidence que les hauts fonctionnaires du gouvernement perçoivent des salaires exorbitants (très souvent supérieurs à 100000 pesos par mois) comparés au salaire minimum actuellement en vigueur au Mexique (1644 pesos par mois), en plus de nombreux autres avantages en nature (voiture de fonction, assurance maladie privée pour le fonctionnaire et sa famille, frais de restaurants, etc….).  Alors que selon les dernières statistiques de l’Enquête Nationale d’Occupation et Emploi (ENOE), presque 1 million de Mexicains ont perdu leur emploi depuis début 2009, la société mexicaine exige de ne pas être la seule à se serrer la ceinture et que le gouvernement en fasse de même. La disposition de Calderón de supprimer certains Ministères (Ministère de la Fonction Publique, Ministère du Tourisme et Ministère de la Réforme Agraire), diminuer les dépenses des Ambassades et services administratifs du gouvernement, et éliminer certains postes de fonctionnaire, a donc été relativement bien acceptée dans les cercles politiques et la société. Selon le gouvernement, ces mesures devraient permettre d’économiser près de 80 milliards de pesos en 2010. 

Mais les 2 autres volets du paquet budgétaire n’ont pas reçu si bonne acceptation. Pour combler les 300 milliards de pesos restants, le gouvernement de Calderón prévoit de recourir à l’endettement pour un montant de 60 milliards de pesos (0,5% du PIB), un déficit que plusieurs députés des partis d’opposition voudraient plus important pour pouvoir promouvoir la récupération économique du pays.  Quant au dernier volet du paquet budgétaire –impulser une réforme fiscale qui permettait à l’Etat d’obtenir 175, 7 milliards de pesos en 2010-, il est rejeté par tous les partis d’opposition. La proposition de Calderón d’augmenter les taxes appliquées à certains biens de consommation, comme la bière, les cigarettes et les télécommunications, et de créer un nouvel impôt, appelé Contribution pour le Combat à la Pauvreté, dont le taux serait de 2% et qui s’appliquerait à tous les biens de consommation, apparaît à beaucoup de députés comme « insensé » et « barbare ». Tous comprennent que dans le contexte actuel de crise économique, un tel impôt contribuerait à ralentir la consommation au lieu de relancer l’activité économique. De son côté, le gouvernement argumente que cette « Contribution pour le Combat à la pauvreté » aura une fonction redistributive, puisque l’argent pris aux plus riches – ceux qui consomment le plus- sera utilisé pour renforcer les programmes alimentaires et autres subventions destinés aux citoyens les plus démunis. Cependant, Calderón semble oublier que selon les dernières estimations du CONEVAL, plus de 50 millions de Mexicains vivent actuellement en situation de pauvreté et n’ont pas suffisamment d’argent pour satisfaire leurs besoins élémentaires. Loin de voler les riches pour donner aux pauvres comme le faisait Robin Hood, Calderón prétend-il voler les pauvres pour ensuite les aider dans le cadre de programmes sociaux gouvernementaux ? 

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2 commentaires leave one →
  1. 3 octobre 2009 5:46

    A noter que grâce au  » presidente del empleo  » , il n’y a jamais eu autant de chômeurs au Mexique ( chiffre le plus fort de toute l’ Am. Lat ) et que lui même expliquait aujourd’hui que malgré (ou plutôt à cause de) ses réformettes, on dénombre plus de 6 M. de mexicains de plus en un an qui sont passés dans l’  » extrême pauvreté  » !! Amusant de voir que désormais, sa rhétorique est de dire qu’on doit tous aider les plus démunis afin que la société entière progresse, me rappelle étrangement un slogan de campagne :  » Por el bien de todos, primero los pobres  » ;o

  2. indrissa permalink
    26 novembre 2009 4:14

    merci de m’avoir accordé la parole je veux simplement être en contact avec vous du point des nouvelles en bref pour l’année prochaine voir même cette année 2009

    merci d’avance

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