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Carlos Salinas de Gortari, meurtrier dès l’âge de 4 ans !!!!

11 septembre 2009

 

De gauche à droite: Carlos et Raúl Salinas, et Gustavo Rodolfo Zapata. Photo parue dans le journal EX¡xcelsior le 18 décembre 1951, en page 17.

De gauche à droite: Carlos et Raúl Salinas, et Gustavo Rodolfo Zapata. Photo parue dans le journal Excelsior le 18 décembre 1951, en page 17.

Naît-on assassin ou devient-on assassin?  Voici sans doute  l’une des principales  questions à laquelle a tenté de répondre la criminologie, sans que l’on sache aujourd’hui encore si c’est la nature profonde d’un homme qui le pousse à commettre un meurtre ou les pressions de son environnement social.
 

Quoiqu’il en soit, il peut être intéressant de revenir sur un fait divers oublié, qui concerne l’ex Président du Mexique, Carlos Salinas de Gortari, qui gouverna le pays de 1988 à 1994.

Salinas est resté célèbre pour avoir signé l’Accord de Libre-Echange Nord Américain (ALENA), qui lie le Mexique aux Etats-Unis et au Canada, et être l’instigateur de nombreux complots politiques. Accusé d’avoir truqué les élections pour arriver à la Présidence de la République en 1988, il est également soupçonné d’être l’auteur intellectuel de la mort de 2 hommes politiques d’envergure,  Manuel Clouthier et Luis Donaldo Colosio, entre autres méfaits (voire notre précédent article Lorsque les passions fratricides s’immiscent dans la vie politique mexicaine). Mais ce que peu de gens savent, c’est que Carlos Salinas de Gortari n’a pas attendu d’être au pouvoir  pour commencer à commettre ses crimes. A l’âge de 4 ans, alors qu’il jouait à la guerre en compagnie de son frère Raúl et d’un voisin, Gustavo Zapata Rodríguez, dans sa maison de la colonie Narvarte, à Mexico, ils « ont fusillé » une jeune domestique qui s’appelait Manuela. Ce crime, aussi spectaculaire qu’irréel, puisque le plus âgé des meurtriers avaient à peine 8 ans, a fait la une de la section Justice de plusieurs journaux de l’époque, en particulier de l’Excelsior, de l’Universal, et de la Prensa, c’est pourquoi on s’en souvient encore aujourd’hui.

Considérant qu’un fait divers de cette nature mérite d’être connu du grand public, autant pour sa particulière singularité que pour la position à laquelle est arrivé l’un des meurtriers, Infosmexique retranscrit ici dans son intégralité l’article publié dans le journal Excelsior, le 18 décembre 1951 et écrit par le journaliste Alberto R. De Aguilar. Il est important de mentionner qu’obtenir cet article n’a pas été tâche facile puisque l’Hemeroteca Nacional de la UNAM ne possède pas les exemplaires papier du journal Excelsior du mois de décembre 1951 et qu’étrangement les pages correspondants à ce fait divers (pages 17 à 20 de la deuxième partie de la section A du journal Excelsior) étaient absentes du microfilm correspondant à décembre 1851! Après avoir interrogé le personnel, on nous a expliqué à plusieurs reprises que lorsque Salinas de Gortari a été nommé candidat du PRI à la Présidence de la République, des « hommes en noir » avaient visité la Hemeroteca et qu’il était fort possible qu’ils aient soustrait les exemplaires papiers et remplacé les microfilms, pour éviter que ce fait divers sorte à la lumière du jour !

Heureusement pour Infosmexique, le personnel de la Hemeroteca réalise des compilations d’articles de journaux sur les thèmes particulièrement importants de la vie nationale, et il n’y en a une sur Carlos Salinas de Gortari, où sont gardées les photocopies de tous les articles correspondants au meurtre de la domestique…Infosmexique a pu y avoir accès, et retranscrit ici l’article paru dans l’Excelsior. Bonne lecture !

Alors qu’ils jouaient à la guerre, 3 enfants ont fusillé une servante !

8, 5 et 4 ans ont les meurtriers ; ils ont tiré avec une carabine calibre .22 sur la jeune fille

Par Alberto R. De Aguilar, reporter de l’Excelsior

Alors qu’ils jouaient « à la guerre », les enfants Gustavo Zapata Rodríguez, Raúl et Carlos Salinas, âgés respectivement de 8, 5 et 4 ans, ont fusillé une jeune fille appelée Manuela,  de 12 ans d’âge, qui travaillait comme domestique dans la maison des sus-cités ; ils lui ont tiré dessus avec une carabine calibre 22, et lui ont donné la mort.

La tragédie s’est passée dans l’une des chambres de la maison qui se situe au numéro 425 de la rue Palenque, dans la colonie Narvarte, hier à 12h.

Les enfants ne se sont pas rendus compte de ce qu’ils avaient fait et n’ont prévenu personne. Lorsque l’autre domestique de la maison, María Torres Garrido, leur a demandé ce qu’ils avaient fait, ils ont répondu très satisfaits :

–       On a tué Manuela !

La jeune fille, dont on ignore le nom complet, a reçu la balle dans la joue gauche, près du nez. La balle est entrée dans la tête et la jeune fille est morte sur le coup.

EXCELSIOR a discuté hier dans l’après-midi avec les enfants, dans les bureaux de la huitième délégation du Ministère Public. Ils semblaient très tranquilles, seulement un peu fâchés de ne pas pouvoir jouer à leur aise. Ils gambadaient près de leur mère, Margarita de Gortari de Salinas, qui était très affligée par la situation.

Seul Gustavo Zapata Rodríguez a montré des signes d’inquiétude, peut-être parce qu’il est un peu plus âgé que les autres.  Par les paroles et les gestes de ses parents -Sara Rodríguez de Zapata et Pedro Zapata-, il a compris qu’il avait donné la mort à quelqu’un ; cependant il regardait ses compagnons et riait avec eux. 

Pedro Zapata, le père de Gustavo, est apparu comme la personne la plus préoccupée; il avait les yeux pleins de larmes et ne pouvait prononcer aucun son. De temps en temps, il répétait : « Je ne comprends pas comment c’est arrivé ; je ne comprends pas ».  Appuyé sur la rambarde, il avait l’air de chercher une solution au problème : quel est l’enfant qui a tiré le coup de feu?

Les enfants se contredisent

Il n’a pas été possible de soumettre les enfants à un véritable interrogatoire, puisqu’ils ne répondent jamais comme il faut.  Durant plusieurs heures, les employés du Ministère ont essayé de leur faire dire comment se sont passés les faits.

Le reporter de ce journal a également essayé de les obliger à raconter ce qui s’est passé. Ils répondaient vaguement ou parlaient tous à la fois, et on ne pouvait pas les comprendre.

La seule chose qu’ils répètent tous est qu’ils jouaient « à la guerre », et que Manuela a été condamnée à mort. Ils voulaient tous les trois la fusiller. Alors, ils ont traîné la carabine jusqu’à l’endroit où se trouvait la jeune fille. Ils lui ont demandé de s’agenouiller, pour pouvoir exécuter la sentence.

Puis ils ont levé l’arme et appuyé sur la détente.  Lequel des 3 a appuyé ?  Sur ce point, ils ne sont pas d’accord. Dans le fond, savoir lequel des enfants a appuyé sur la détente n’a pas grande importance puisque les trois sont également responsables….ou également innocents. 

L’opinion de beaucoup de monde est que le véritable responsable de la tragédie est le père de Raúl et Carlos, Raúl Salinas Lozano, diplômé en économie, qui a laissé la carabine chargée et à portée de mains des enfants.

Après que la jeune fille se soit écroulée, les enfants ont continué à jouer. Personne n’a entendu la détonation, puisque la maison était vide et que les parents de Raúl et Carlos étaient absents. L’autre domestique était en train de laver le linge sur le toit et n’a rien entendu.

Elle est descendue à la cuisine et a vu les 3 enfants assis dans l’escalier. Elle leur a demandé quelque chose, mais les enfants ne lui ont pas prêté attention. Alors, elle a commencé à chercher Manuela. Elle a traversé plusieurs chambres avant de trouver le corps, près d’une flaque de sang.

–       Manuela, Manuela, qu’est-ce que tu t’es fait ?, a-t-elle demandé.

A ce moment, les enfants l’ont rejoint. Elle leur a demandé :

–       Qu’est-ce que vous avez fait à Manuela ?

Et eux, en toute tranquillité, ont répondu :

–       Nous l’avons tuée !

Elle a d’abord pensé qu’elle était seulement blessée

Durant les premières minutes, elle a cru que Manuela était blessée et elle est partie chercher rapidement de l’aide dans la rue. Elle a raconté à plusieurs voisins que la jeune fille se trouvait gravement blessée. Ceux-ci lui ont conseillé d’appeler la Croix Rouge.

Elle a suivi leurs conseils. Peu de temps après, est arrivée une ambulance. Les médecins et les infirmiers ont examiné le corps et révélé la terrible vérité : que les enfants avaient tué la jeune fille. Les voisins ont appelé la police. Une patrouille est arrivée tout de suite et a prévenu la huitième délégation de police.

Les policiers ont seulement amené un des enfants au Ministère: Raúl.

Pendant qu’on déterminait si Manuela était vivante ou non, Gustavo est rentré chez lui (Dr. Vértiz 1057). Il a raconté à sa famille que Manuela était blessée, sans donner plus grande importance à cette situation. C’est sa famille qui a décidé de l’amener au Ministère. Carlos aussi a été amené à la délégation par sa mère, Margarita de Gortari de Salinas.

La déclaration de la mère

La mère de Carlos et de Raúl a été interviewée par le reporter de l’EXCELSIOR. Elle semblait plus tranquille que les parents de Gustavo. Elle avait Carlos sur ses genoux, à qui elle donnait à manger.

Elle a raconté qu’elle a dû se rendre hier matin au centre historique,  et qu’à son retour, les voisins lui ont raconté que quelque chose d’horrible était arrivé. Elle n’a pas attendu d’en savoir plus, et est rentrée chez elle. Elle a trouvé Carlos. Lorsqu’elle lui a demandé où était son frère, l’enfant lui a dit « que des policiers l’avaient amené à la délégation».

Elle s’est rendue là-bas en toute hâte, avec Carlos. En arrivant, elle a appris de la bouche de l’agent-détective Villar la mort de Manuela.

Elle a expliqué que l’arme se trouvait dans le placard, loin de la portée des enfants. Elle a aussi raconté que la porte de cette partie du placard était toujours fermée à clé, et que par le fait, elle ne sait pas comment l’arme est arrivée dans les mains des petits. Selon elle, c’est Manuela qui possédait la clé, et c’est donc elle qui a dû sortir la carabine.

Elle ne connaît pas le nom complet de Manuela. Elle sait que sa famille vit à San Pedro Atzcapotzaltongo. C’est la servante d’une amie qui lui a présenté Manuela il y a environ un mois.

« Elle était travailleuse et très propre », a-t-elle affirmé, « je regrette vraiment ce qui s’est passé ».   

Villar devra décider si les enfants sont emprisonnés ou si on les laisse en liberté. Dans le premier cas, ils devront se présenter devant le Tribunal pour être jugés.  Le Ministère attendait qu’arrive ce soir la famille de Manuela.  

Voilà. Qui penserait que quelqu’un qui a été Président de la République ait pu tuer quelqu’un à 4 ans ! Et s’en vante ! Car dans l’article paru dans le journal L’Universal à cette même date, le reporter mentionne que : « Lorsqu’on a demandé à Carlos ce qui s’est passé, celui-ci a répondu : « Je l‘ai tué d’un coup de feu, je suis un héros », avant d’expliquer qu’il jouait  « à fusiller » avec sa nounou, qui, à ce moment-là, était occupée à faire le ménage de la maison ». Agé de 4 ans, Carlos Salinas de Gortari n’était peut-être pas conscient de ses actes, mais quoiqu’il en soit, cette histoire nous en dit long sur le personnage! 

 

 

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5 commentaires leave one →
  1. 12 septembre 2009 4:30

    Peu de gens le savent en effet au Mexique, même si de nombreux articles ont été consacrés à ce qui me parait bien plus qu’un fait divers, type http://is.gd/3c1w8 ! Les réactions sur ce forum sont très intéressantes : http://is.gd/3c1vI

  2. Nico permalink
    12 septembre 2009 7:40

    Comme quoi, devenir président du Mexique c’est vraiment un jeux d’enfant 😉

  3. Levbia permalink
    10 février 2010 7:19

    Il faut lire « the Emperor is butt naked » pour les anglophones, ou encore « El factor Salinas ». On peut se poser des questions sur les réseaux qui protègent ce clan encore aujourd’hui et jusqu’où ils sont capables d’aller. On annonce leur retour pour 2012.

  4. 77777777 permalink
    13 février 2010 7:28

    Les déclarations récentes de l’ancien Président du Mexique De la Madrid sont aussi inquiétantes (De la Madrid acusa a Raúl Salinas) ou encore celles de Ahumada (Salinas acordó con Fox la libertad de Raúl), qui laissent entendre que le procès de Paris aurait souffert de …certains irrégularités.

  5. 030303 permalink
    11 avril 2010 9:35

    28 days Later
    28 weeks Later
    and now…
    28 years later

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