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Un gentleman à bord: l’histoire de Manuel Uruchurtu, l’unique passager mexicain du Titanic

11 août 2009

 

Tout le monde -ou presque- se souvient du film Titanic de James Cameron, et de l’incroyable histoire d’amour entre Rose Dewitt Bukater, une dame de 1e classe, et Jack Dawson, un passager de 3e classe. Après être tombés éperdument amoureux l’un de l’autre, Jack sauve la vie de Rose la nuit du naufrage du Titanic,  en l’installant sur un radeau de fortune,  tandis qu’il meurt d’hypothermie, dans les froides eaux de l’Atlantique !  

Pour le bonheur de ces dames, sachez que Leonardo DiCaprio n’était pas le seul gentleman à bord du Titanic. La nuit du naufrage, le député mexicain Manuel R. Uruchurtu, accomplit un acte aussi chevaleresque et courageux que Leonardo DiCaprio, en cédant sa place sur le canot de sauvetage à une dame de nationalité anglaise, qui s’appelait Elizabeth Ramell Nye.

Le Directeur du Bureau de l’Etat Civil de la ville de Mexico, Hegel Cortés Miranda, nous a raconté les détails de cette passionnante histoire, dont les documents les plus emblématiques font partie des archives de la ville.

 En 1912, le député mexicain Manuel Uruchurtu, alors âgé de 40 ans et père de 7 enfants,  se trouvait en voyage diplomatique en France, pour traiter différents problèmes politiques.

Le 26 mars 1912, il écrivit une lettre à son épouse depuis le Grand Hotel de Paris, situé Boulevard des Capucines, pour la prévenir qu’il embarquerait le 10 avril à Cherbourg, à bord du Titanic, à destination de New York. « Mon adorable petite vieille », dit textuellement la lettre  qui fait partie des documents conservés au Bureau de l’Etat Civil de Mexico, «en ce moment, je m’apprête à partir à 21h pour Madrid, où j’arriverais à 23h. Je m’arrêterai au Ritz, et selon mes calculs, lorsque cette lettre arrivera jusqu’à toi, je serai déjà de retour à Paris, car il faut que je sois ici la nuit du 9, pour partir le 10 au matin à Cherbourg où je m’embarquerai sur le Titanic. J’ai reçu la plupart des journaux, pas tous, mais je m’en satisfais.  J’ai envie de vous revoir, et si je ne passe pas outre mon voyage en Espagne, c’est parce que veux assister à 2 ou 3 sessions du Parlement Espagnol, comme je l’ai fait ici et en Angleterre. Cela me surprend que la presse d’ici n’a rien dit de mon voyage : aurais-je réussi à passer inaperçu ? Je ne crois pas. (…) Beaucoup de bisous à mes petits poulets. Dis à León  que je lui ai acheté le vêtement de zouave qu’il m’a demandé, et un autre à Armando. Je n’ai rien pu acheter aux filles car pour un vêtement de taille moyenne pour Lola, il me demandait 150 francs. Et pour un encore plus petit pour Amparo, 120 francs ; et je n’ai plus d’argent. Mais je ramène une cochonnerie à tout le monde. Nel m’a demandé de l’argent et c’est ce que je lui ramène, mais si à New York, j’apprends qu’il peut monter à bicyclette, je lui ramènerai une bicyclette. Reçois les amoureuses accolades et baisers de ton petit vieux ».   

Cette lettre et une autre que Manuel Uruchurtu écrivit à son beau-frère à Jalapa confirment que Manuel Uruchurtu voyageait à bord du Titanic. Comme Uruchurtu se trouvait en voyage officiel en tant que député de la XXVIe Législature mexicaine, il était prioritaire pour aborder les canots de sauvtage la nuit du naufrage. Mais l’histoire raconte qu’une femme de nationalité anglaise, Elizabeth Ramell Nye se serait approchée de Manuel Uruchurtu, et l’aurait imploré de lu laisser sa place, argumentant que son mari et plusieurs enfants l’attendaient à New York. Dans un acte chevaleresque et courageux, Uruchurtu aurait cédé sa place à cette femme, lui faisant simplement promettre que si elle rentrait à terre saine et sauve, elle irait rendre visite à son épouse à Veracruz pour raconter quels avaient été ses derniers instants.

Uruchurtu  mourut lors du naufrage, mais la femme tint promesse et se rendit à Veracruz, nous permettant de connaître les derniers instants de l’unique passager mexicain qui voyageait à bord du Titanic. Par la suite, on découvrit que Elizabeth Ramell Nye n’était pas mariée et n’avait pas d’enfants, et qu’elle avait menti dans le seul but de sauver sa vie, mais Uruchurtu n’en demeure pas moins un gentleman, encore plus chevaleresque que Leonardo Di Caprio, puisque selon toute vraisemblance, il n’a même pas goûté aux charmes de la dame qu’il a sauvée !

Visionnez la vidéo pour découvrir l’histoire de Manuel Uruchurtu, racontée par le directeur du Bureau de l’ETat Civil de Mexico, Hegel Cortés Miranda….

     

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