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La victoire du PRI ou le retour des dinosaures…

7 juillet 2009

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Le slogan du Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI), « Expérience démontrée, nouvelle attitude », semble avoir porté ses fruits.

Selon les résultats préliminaires de l’Institut Fédéral Electoral –organisme chargé de l’élection au Mexique-, alors que 99,9% des votes émis ont maintenant été comptabilisés,   le PRI totalise plus de 12 millions 520 mil votes, soit 36,6 % du total des suffrages exprimés sur l’ensemble du territoire mexicain. 

Ces résultats font du PRI la première force politique nationale, loin devant le Parti Action Nationale (PAN), parti de l’actuel Président de la République, Felipe Calderón, qui a remporté seulement 9 millions 549 mil votes, soit 27,9% des suffrages exprimés.

Dores et déjà, les difficultés s’annoncent pour le Président Felipe Calderón, qui devra maintenant s’assurer l’appui du Parti Révolutionnaire Institutionnel s’il veut que les réformes proposées par son gouvernement soient adoptées par la Chambre des Députés.

Mais au-delà du revers politique souffert par le Président de la République mexicain, la victoire du PRI marque la désillusion des Mexicains envers les partis  politiques -PAN et PRD (Parti Révolutionnaire Démocratique)-, qui s’étaient imposés comme les tenants de la transition démocratique au Mexique. 

En 2000, l’élection de Vicente Fox, candidat du Parti Action Nationale, à la Présidence de la République avait ouvert d’immenses espoirs au Mexique. Pour la première fois depuis 1929, un parti politique autre que le Parti Révolutionnaire Institutionnel,  remportait une élection présidentielle. La démocratisation du pays était en route, pensait-on partout. De fait, Vicente Fox avait opté pour un slogan de campagne, qui incarnait les espoirs de démocratisation de millions de Mexicains : « le changement est enfin arrivé », « le changement enfin » (« el cambio ya »).  

Après 6 ans de mise à l’écart relative – en 2006, Roberto Madrazo, candidat du PRI, était arrivé en 3e position lors de l’élection présidentielle, totalisant seulement 22,2% des suffrages exprimés-, la victoire du PRI dimanche dernier, montre que les deux partis qui autrefois s’opposaient au PRI et demandaient  la démocratisation du système politique, n’ont pas satisfait les exigences de changement des Mexicains. Et pour cause. Les vieilles pratiques politiques en vigueur sous la longue dictature du PRI sont toujours d’actualité. On peut citer à titre d’exemple le cas de Fernando Elizondo, candidat du Parti Action Nationale à gouverneur de l’Etat du Nuevo León (Nord du Mexique),  qui a été récemment accusé de dévier plusieurs dizaines de milliers de dollars des fonds publics pour octroyer des prêts à des hauts fonctionnaires, lorsqu’il était Secrétaire des Finances du Nuevo León.  Ou encore le cas du maire du port de Lazaro Cardenas, Mariano Ortega (affilié au PRD), arrêté le 29 juin dernier pour être soupçonné d’entretenir des liens avec le crime organisé.

« L’espérance de changement qu’avait ouvert l’alternance en 2000 a disparu », résume Denise Dresser, une analyste politique de grande renommée au Mexique.

« Beaucoup de Mexicains avaient placé de grands espoirs dans l’alternance et 9 ans plus tard, on se rend compte que cela n’est pas suffisant, que la démocratie ne se réduit pas à assurer la compétition entre partis politiques ni à garantir l’existence de différentes options idéologiques ; donner son vote à quelqu’un n’offre aucune garantie, si après les citoyens ne peuvent pas le sanctionner lorsqu’il utilise son pouvoir contre eux ».

Dimanche dernier, les mexicains ont parlé et sanctionné le système politique mexicain, ainsi que les partis politiques qui incarnaient il y a 9 ans l’espérance démocratique : plus de la moitié du électeurs inscrits ont préféré s’abstenir de voter,  1 million 800 mil citoyens ont voté nul et plus de 12 millions de citoyens ont voté pour le Parti Révolutionnaire Institutionnel, le parti d’avant le changement.

 « Expérience démontrée,  nouvelle attitude», promet le slogan de campagne du PRI. Il reste à espérer qu’il ne s’agisse pas seulement d’une promesse de campagne et que le retour du PRI sur la scène politique soit accompagné de véritables changements. Pour que la victoire du PRI ne soit pas synonyme de retour en arrière. 

Les résultats de l’élection lorsque 99,9% des votes étaient comptabilisés

 (source : Institut Fédéral Electoral) 

Parti PRI PAN PRD  Parti     Vert Votes Nuls         PT          

Parti des Travailleurs

Millions de votes 12,5 9,5 4,1           2,2 1,8 1,2
% du total des suffrages exprimés 36,6% 27,9% 12,2% 6,5% 5,3% 3,5%
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