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Abstentionnistes et vote nul: les grands vainqueurs de l’élection 1/2

6 juillet 2009

Selon les résultats préliminaires de l’Institut Fédéral Electoral (dimanche soir à 1h du matin au Mexique, alors que 70 % des votes étaient comptabilisés), seulement 43,9% des personnes inscrites sur les listes électorales se sont déplacées aux urnes dimanche 5 juillet pour élire leurs représentants.

Un si faible taux de participation citoyenne pourrait être alarmant, mais au Mexique, ces chiffres ne surprennent plus personne: durant les dernières élections intermédiaires en 2003, le taux d’abstentionnisme avait atteint 59%, c’est-à-dire que plus de la moitié des inscrits n’étaient pas allés voter.

Reste que le phénomène n’en demeure pas moins intéressant : plus qu’un problème d’apathie politique, le taux record d’abstention au Mexique reflète la lassitude des citoyens envers un système politique considérés par beaucoup comme corrompu. « Ne pas voter, pour ne pas faire le jeu des partis », disent les citoyens, « à quoi sert le vote, si de toutes façons,  les partis politique ne pensent qu’à s’enrichir et ne gouvernent pas dans l’intérêt des citoyens ». Pour beaucoup de Mexicains, l’abstention est assumée comme une position politique à part entière, qui repose sur certaines croyances et convictions, au même titre que quelqu’un appartient à un parti politique parce qu’il en partage les idées.

La nouveauté,  c’est que cette année, la lassitude des citoyens envers le système politique mexicain ne se trouve pas seulement reflétée dans le fort taux d’abstentionnisme, mais aussi dans l’importante proportion de votes nuls exprimés.  

Selon les résultats préliminaires de l’IFE, plus d’1 million et demi d’électeurs mexicains ont choisi d’annuler leurs votes à l’occasion de ces élections, ce qui représente 5,7% du total des votes exprimés.

Un million et demi de votes nuls, c’est presque la moitié des votes obtenus par le Parti Révolutionnaire Démocratique (PRD), la troisième force politique du pays ; c’est presque le double des votes obtenus par le Parti des Travailleurs (PT), cinquième force politique du pays.

Lors des élections intermédiaires de 2003, seuls 3,3% des électeurs avaient choisi d’annuler leurs votes, c’est dire la progression qu’a registré le vote nul cette année.

Le phénomène est d’autant plus remarquable lorsqu’on se rappelle que depuis le début des campagnes électorales, l’annulation du vote a été explicitement revendiquée comme une forme de protestation par différentes organisations de la société civile (voir article vote nul et réformes politiques).

Alors, si bien les résultats de la présente élection révèlent la recomposition des différentes forces politiques nationales en présence au Mexique (l’essor du PRI, la défaite relative du PAN), une chose est sûre: il y a aussi, et surtout, beaucoup de citoyens  mécontents de l’actuel fonctionnement du système politique.

Espérons que les candidats élus hier soir ne l’oublient pas une fois au pouvoir…

Le vote nul et l’abstentionnisme en chiffres (source: Institut Fédéral Electoral

  Elections           

    2003

Elections          

    2006

     Elections          

          2009

(70% des votes comptabilisés)

      Elections           

          2009

(98% des votes comptabilisés)

Taux de Participation       41%       58,6%         43,9%        44,7%
% de Vote Nul      3,36%        2,17%             5,7%          5,4%

 

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