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Vote nul et réformes politiques

2 juillet 2009

Fatigués d’entendre les candidats des différents partis politiques promettre monts et merveilles durant les campagnes électorales, tout en sachant que la plupart des objectifs  annoncés sont tout à fait irréels, un grand nombre de citoyens mexicains appellent à voter nul aux prochaines élections (5 juillet). 

Avec des slogans tels que «Exprime-toi,  annuler ton vote est un droit, c’est exiger », « vote nul, vote qui compte et qui a du sens », ou encore «moi, j’annule », le mouvement en faveur du vote nul a gagné du terrain au Mexique et sur la toile, où de nombreux blogs et sites internet d’information ont été créés (consulter en particulier les sites www.esperanzamarchita.com et www.anulomivoto.com ).

Alberto Serdán est membre de Propuesta Civica A.C, l’une des organisations qui encourage les citoyens à annuler leurs votes le 5 juillet prochain. Pour lui,  voter nul est la seule option envisageable, car explique-t-il, il ne se sent représenté par aucun des candidats.

« Les partis de gauche présentent des candidats au passé très controversé ; par exemple, le candidat de gauche à la mairie de Cuauhtemoc a été accusé devant la Cour Suprême de Justice d’être le chef des « halcones », un groupe qui est responsable de l’assassinat de plusieurs étudiants en 1971 », raconte Alberto.

« Le Parti des Travailleurs postule à Adolfo Uribe qui a dirigé l’offensive de contre-insurrection contre le mouvement zapatiste, et c’est le candidat de gauche (…) alors c’est triste, mais aucun de ces candidats ne me plaisent, je vais voter nul, en faveur de quelqu’un qui me représente dignement ».

Mais le mouvement national en faveur du vote nul n’a pas seulement pour horizon les élections du 5 juillet prochain.

Mardi 30 juin, une assemblée a été organisée à Mexico pour réunir les différentes organisations partisanes du vote nul et discuter des réformes politiques à mettre en place après le 5 juillet.

« C’est bien que les gens soient décidés à voter nul, mais il faut espérer que cela continue après les élections, pour pouvoir impulser un mouvement citoyen qui cherche à démocratiser véritablement les partis politiques », explique Denise Dresser, partisane du vote nul et célèbre analyste politique.

« Il faut changer les règles de jeu; le Mexique est le seul pays au monde, avec le Costa Rica, où la figure de réélection des députés n’existe pas ; or c’est le seul instrument qui oblige les politiques à revenir devant les citoyens pour rendre compte de ce qu’ils ont fait durant le temps qu’ils étaient au pouvoir ; il faut changer cela».

Face à l’émergence d’un véritable mouvement national en faveur du vote nul, les politiques s’inquiètent…et répondent par la contre-offensive. Alors que divers représentants des principaux partis politiques qualifient ouvertement le vote nul de « rétrocession démocratique », l’Institut Fédéral Electoral -organisme chargé de l’organisation des élections au Mexique- a lancé la campagne « un billet pour la démocratie »  et fait imprimer 50 millions de billets de métro, avec la légende « Vote le 5 juillet ».

« Suffragettes » contre « annulateurs », qui l’emportera ? Résultat le 5 juillet prochain.

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