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La tragi-comédie des campagnes électorales 1/2

25 juin 2009

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Le 5 juillet prochain, les Mexicains seront appelés aux urnes pour renouveler les 500 députés de l’Assemblée Nationale (Camara de Diputados), 6 gouverneurs -le Mexique est un Etat Fédéral-, 552 mairies, et 434 députés locaux.    

A Mexico, les 16 maires d’arrondissement seront renouvelés, ainsi que les 66 députés locaux qui sont chargés de voter les lois en vigueur dans la capitale du pays.

C’est donc une élection importante pour les principaux partis politiques mexicains – PRI (Partido Revolucionario Institucional), PAN (Partido de Acción Nacional), et PRD (Partido  Revolucionario Democrático)- qui espèrent remporter le maximum de mairies et de sièges à l’Assemblée et ainsi influencer la politique du pays.

Depuis le 3 mai dernier, les campagnes électorales battent leur plein, chaque candidat espérant convaincre un grand nombre d’électeurs d’appuyer sa candidature le 5 juillet prochain.

Jusque-là, rien de surprenant, si ce n’est l’étrange manière dont se déroulent les campagnes électorales au Mexique.

En effet, si bien le Mexique est officiellement un pays démocratique, les partis politiques semblent préférer le populisme au débat d’idées et à la confrontation d’opinions. 

Il faut savoir qu’au total, durant la campagne électorale, il n’y aura eu qu’un débat télévisé  entre les leaders des principaux partis.

Le 16 juin, la Camara de la Industria de la Radio y la Televisión (CIRT) a fait connaître sa décision de ne pas organiser de débat politique par peur d’enfreindre la loi électorale, qui stipule que les partis ne peuvent pas acheter d’espaces dans les médias et qu’il faut respecter un principe d’équité électorale.

Finalement, un accord a été trouvé et un débat politique sera retransmis sur la chaîne Televisa, jeudi 25 juin au soir.

Il reste que tout au long de la campagne, les différents candidats ont affirmé leurs préférences pour les stratégies électorales de caractère populiste, à leurs yeux tout aussi efficaces. Voyons.

Incontestablement, l’affichage de propagande politique est apparu comme l’instrument favori des différents candidats. Bien que le code électoral mexicain stipule que les candidats ne pourront pas utiliser le mobilier urbain pour promouvoir leur image (article 236 du Cofipe),  à Mexico, l’affichage de la propagande s’effectue de manière totalement sauvage. Les candidats s’arrachent  poteaux électriques, ponts piétons,  stations d’autobus et même les arbres pour se faire connaître du grand public. Le fait qu’un coin de rue, ou un poteau électrique soit déjà pris par un candidat n’empêche  pas le candidat adverse d’apposer sa propagande au-dessous ou en dessous, c’est pourquoi à certains endroits, on peut compter jusqu’à 5 ou 6 propagandes électorales différentes sur un poteau électrique (voir photos). Les rues les plus cotisées sont évidemment les artères où circulent le plus d’automobilistes, ce qui permet aux électeurs qui se trouvent coincés dans les bouchons,  de nourrir leur esprit et découvrir les slogans politiques des candidats : « Ecrivons une nouvelle histoire », promeut la propagande d’une candidate du PRD (parti de gauche) ; « Un maire de ton côté, des services de qualité », annonce la propagande d’un candidat du PAN (parti de droite); « si le gouvernement ne te le donne pas, qu’il te paye, cela vaut pour les médicaments, les cours d’ordinateur, et l’anglais », lit-on sur les affiches d’une candidate du Parti Vert (parti écologique). Mais on est en droit de se demander si tant de propagande aide réellement les électeurs à se décider.  Cette stratégie est d’ailleurs durement critiquée par les médias mexicains, qui considèrent que cette guerre d’images relève plus du marketing politique, que du débat d’idées.

La deuxième stratégie à laquelle ont recours les partis politiques consiste à offrir différents types de cadeaux aux électeurs, parfois gratuitement en espérant que les votants se souviendront d’eux le jour des élections, le plus souvent en échange d’une copie de leurs cartes d’électeurs. Nous avons déjà dénoncé ce type de stratégie dans un article daté du 20 juin, que vous pouvez consulter sur Infosmexique (Regala GDF despensas a habitantes de colonias populares). Nous ne sommes pas les seuls. Le Journal mexicain REFORMA, dans son édition du 24 juin, publie qu’un candidat à député local  du PRD a offert aux habitants d’une colonie populaire télévisions, fers à repasser, couverts et verres. Pour sa défense, le candidat concerné argumente qu’il s’agit d’une tombola organisée à l’occasion de la Fête des Mères par des habitants de l’arrondissement, mais le candidat du PAN, parti d’opposition, considère qu’ il s’agit d’un acte illégal d’achat de votes. Quoiqu’il en soit,  faire des cadeaux aux habitants durant les campagnes électorales est une pratique courante au Mexique, qui ne concerne pas seulement le parti de gauche (PRD), mais presque tous les partis politiques.   

La troisième stratégie mise en œuvre par les partis mexicains pour s’assurer le vote des électeurs est la réalisation de meetings politiques, dont l’organisation ressemble à tout, sauf à un meeting (voir vidéo). Certains que l’on convaint plus facilement par le rire que par l’idée, les candidats troquent les traditionnels discours politiques destinés à haranguer les militants pour des spectacles de clowns et des bals populaires. Et dans les banlieues autour de Mexico, où les habitants n’ont souvent pas les moyens d’aller au ciné ou dans un bar –un billet de cinéma coûte 50 pesos et le salaire minimum par jour au Mexique est de 54 pesos-, la stratégie semble marcher. 

Voilà, vous savez tout sur les 3 actes de la tragicomédie des campagnes électorales au Mexique.  Il reste à espérer que les candidats élus ne gouverneront pas comme ils ont fait campagne, c’est-à-dire comme des clowns. A suivre…..

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